Elever ses enfants sans élever la voix.

Elever ses enfants sans élever la voix.

Un joli titre, bien trouvé, prometteur… et pourtant !

Habituellement, je partage avec vous les lectures qui m’ont particulièrement inspirées. Une fois n’est pas coutume, je me suis plantée et le dernier livre que j’ai lu ne méritait pas le détour. Je me suis dit que ce serait tout aussi constructif de faire aussi un article dessus, car un avis n’a pas besoin d’être positif pour être donné !

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Ce livre s’intitule « Elever ses enfants sans élever les voix » et porte le sous titre « Guide pratique de l’éduction bienveillante ». Et c’est là où le bas blesse, l’auteur n’a visiblement aucune idée que ce que ça signifie !

Le livre débute par un chapitre très intéressant sur l’histoire de l’éducation à travers les époques, et invite le lecteur a remettre sa propre histoire familiale dans ce contexte pour comprendre ses ancêtres.

Le second chapitre, plutôt intéressant aussi, propose de réfléchir aux croyances et aux valeurs de sa famille. Il propose (maladroitement, ce livre est un vrai fouillis…) de découvrir les différentes émotions et décrit des petits jeux à faire avec ses enfants sur ce sujet.

Le chapitre suivant (terriblement fouillis !) traite de la communication en famille. Il liste les mauvais comportements (coller une étiquette à un enfant « tu es maladroit », comparer « ton frère y arrivait au même âge »…) et donne quelques pistes vers plus d’harmonie (se dire plus souvent merci par exemple).

Jusque là rien de bien novateur, mais rien de choquant. Certaines explications semblent arriver comme un cheveux sur la soupe, certaines sont d’une pertinence et d’une justesse qui ne laisse aucun doute (tient les anecdotes de Filliozat quasi mot pour mot !) : l’auteur n’a fait que collecter les idées des autres et les mettre bout à bout dans un livre, sans vraiment réussir ni à synthétiser ni à organiser.

Viens ensuite le chapitre sur les punitions. Rien qu’au titre du chapitre, je commence à tiquer : « les limites ou l’art de la punition ».

Fixer des règles précises, être cohérents, savoir ménager des exceptions… rien de neuf au soleil mais c’est parfois bien de rappeler les évidences. Puis on en arrive aux punitions elles même et là, c’est limite la syncope. Je vous laisse seuls juge, voici des extraits :

« Une punition éducative. Si vous ne deviez choisir qu’une seule punition pour un enfant de moins de 6 ans, ce serait celle de lui demander d’être immobile pendant autant de minutes que son âge ».

« La technique du « je compte jusque trois » […] Par exemple : « je compte juste trois ! Si tu ne viens pas à table, tu iras au lit sans dîner. » Si l’enfant n’obtempère pas, on peut lui dire « Il est l’heure de passer à table et je te rappelle qu’à la maison tout le monde dîne en même temps, ce n’est pas un self. » Et si vous avez peur qu’il ait vraiment trop faim, donnez lui un morceau de pain ou un fruit. […] Avec un jeune enfant, il y a fort à parier qu’il ne retentera pas de s’opposer. Il aura vite compris que votre avertissement n’est pas une menace en l’air. »

Personnellement je suis restée bouche bée. La privation de nourriture est tout simplement une violence de la part d’un adulte sur un enfant sans défense qui dépends de lui pour sa subsistance. C’est odieux et absolument démesuré par rapport au problème (et pourquoi il rechigne à passer à table d’abord ? Parce qu’on lui demande de tout lâcher dans l’instant au lieu de le prévenir un peu avant… le pire c’est que c’est justement expliqué à un autre endroit de ce même livre).

Bref, je suis restée amère et déçue par ce chapitre, qui gâche complètement les bonnes idées que l’on peut glaner dans les chapitres précédents.

Le dernier chapitre, sur la gestion des conflits en famille me touche moins car j’ai un seul enfant. L’idée du « bâton de parole » pour organiser des discutions paisibles ou chacun parle à tour de rôle me semble intéressante et je pense que le caractère solennel et rituel doit beaucoup plaire aux enfants.

En conclusion, un livre sur l’éducation on ne peut plus classique, rien de bienveillant, de positif ou de respectueux si ce n’est quelques lignes en défaveur des châtiments corporels. Le bandeau de la couverture sert à vendre, sans respect pour le lecteur qui ne trouve pas le contenu attendu…

 

One thought on “Elever ses enfants sans élever la voix.

  1. Mathilde

    J’ai déjà du mal en général avec ce genre de livre, trop peur de lire … des choses dans ce genre là ! Je suis tout autant outrée !!!
    Rien que le premier exemple me fait tiquer : attendre le même nombre de minutes que les bougies soufflées… mais oui bien sûr ! Donc si je rentre en conflit avec mon mari qui a 30 ans, est-ce que je le punie et que je lui demande d’être immobile pendant 30 minutes??? Je rigole au passage
    C’est le problème : beaucoup de personne prône l’éducation bienveillante sans vraiment comprendre.
    Enfin on ne va pas en parler pendant des heures : merci de l’info !!! (je fais passer le message)

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