Enfant des villes en péril, il y a urgence !

Enfant des villes en péril, il y a urgence !

Enfant des villes en péril, il y a urgence !

J’avais déjà plus ou moins senti la coupure à la nature et l’aspect sur-protecteur des courants d’éducation actuel, mais je n’avais jamais réussi à mettre vraiment des mots dessus, et je ne m’en étais pas inquiétée outre mesure… Je suis un oiseau des villes, et même si j’aime la nature, je reconnais volontiers que mon lieu d’observation préféré est la fenêtre de mon bureau, collée au radiateur, une bonne tasse de café à la main.

Cet été j’ai eu envie de sortir au jardin, d’emmener le loulou au grand air, pour qu’il puisse profiter de la liberté de faire de tester sa motricité sans détruire les meubles du salon. Et là… le drame. Il a commencé par refuser de marcher pieds nus dans l’herbe (actuellement il accepte en chaussettes, on progresse…), il pleurniche quand le sable lui colle à la peau (j’angoisse d’avance à l’idée de sa réaction sur la plage cet été en vacances…) Il pleure à la moindre goutte d’eau (exit les pistolets à eau, les petites piscines et autres rafraîchissements d’été). Je me suis demandé comment il pouvait être aussi trouillard et puis j’ai réalisé : une année complète était passée sans qu’il touche du sable. Il a juste complètement oublié ce que c’était. Après une prise de conscience en accéléré, j’ai décidé de prendre le taureau par les cornes et de re-naturer mon enfant des villes. Il y a urgence, mon amour de la nature vient de mon enfance, je l’ai construit entre 2 et 9 ans, dans le grand jardin de la maison où j’habitais. Il est déjà à mi-chemin et n’a pas le moindre petit début de relation avec dame nature. J’exagère un peu. Je lui ai toujours montré les plantes, les insectes, enseigné le respect des animaux, des êtres vivants, aussi petits soient-ils (insectes). Mais la patouille, la saleté, l’eau et la boue, je n’avais pas mi ça au programme, car en bonne adulte frileuse, douillette et habituée à mon confort, je n’aime plus ça. Mais j’ai aimé, étant enfant.

Mission de l’été, faire un grand pas vers la nature (et mission du reste de l’année, ne rien lâcher, car il n’y a pas de mauvais temps, juste des mauvais vêtements !)

Le plus dur dans l’histoire, c’est de mettre en mouvement mon mari et pire que tout, ma belle mère. Elle a une sainte horreur de la nature (bien transmise à mon mari, qui est capable de laisser les volets fermés et d’allumer la lumière tout l’été, pour ne pas « faire entrer la chaleur » – il vivrait dans un bunker si je n’étais pas là pour réclamer la lumière du soleil). Je me suis donc mise en quêtes de livres, pour organiser mes idées, et planifier l’offensive. De mes diverses lectures, il en ressort 3 titres :

 

1. La famille buissonnière de Marie Gervais

Si vous ne devez en acheter qu’un, ce sera celui-là. Les idées de ce livre n’ont rien d’extra-ordinaires à première vue, on se dit « ah oui, j’aurais pu le faire. J’aurais pu. Mais je ne l’ai pas fait ! Tout le talent est de proposer dans cet ouvrage une variété d’activités pour reconnecter avec la nature toutes (ou presque) faciles à mettre en oeuvre. La magie de l’imaginaire et du récit sont à l’honneur, ce qui donne un petit côté Waldorf. On ne part pas en promenade… on part à l’aventure ! On ne fait pas du landart, on chasse les trolls ! C’est un livre qui parle beaucoup de nature, mais pas que, l’auteur propose aussi des activités plus scolaires, à faire à la maison, pour accompagner la découverte et la compréhension du monde. Les notions scientifiques et les apprentissages on donc, eux, un parfum Montessori. Ce qui en fait un livre d’idées pédagogiques au sens large, pour tous sans exception, qu’on dispose d’un réservoir infini de nature au pas de la porte ou juste d’un jardinet et de quelques parcs municipaux.

Sans hésiter, mon livre coup de cœur sur le sujet, je me sens complètement en phase avec l’auteur :)

2. Comment élever un enfant sauvage en ville de Scott D. Sampson

Cet ouvrage là est très théorique. Ne vous attendez pas à des idées d’activité toutes prêtes, il s’agit plutôt d’un plaidoyer pour le retour de la nature dans les villes et la libertés rendues aux enfants pour en profiter librement. Le style est terriblement américain, ça papote, c’est fouillis, ça radote… on ne changera pas la façon d’écrire outre atlantique, et on évitera de trop s’attacher à la forme, car le fond, lui est nourri d’une réflexion profonde de la place de la nature dans notre société (et pas seulement pour les enfants !).

J’ai déjà fait lire ce livre à ma mère et je vais maintenant le faire lire à ma belle mère. C’est un bon moyen de faire passer le message sans se mettre en position de donneur de leçon : on laisse le livre agir…

3. L’imagerie des petits jardiniers, éditions Fleurus

Qui contrairement à ce que son titre laisserait penser, n’est absolument pas un imagier, mais un livre d’activités de jardinage à destination des enfants (et des parents jardiniers débutants !) Ce que j’ai particulièrement aimé dans ce livre, c’est qu’il ne parle finalement pas beaucoup de jardinage au sens stricte, dans le potager. Une partie importante (1/3) est consacré au jardinage en pots sur un balcon, pour les citadins ne possédant pas de lopin de terre. Il y a aussi bon nombre de chose que l’on peut faire complètement à l’intérieur, comme faire pousser des bulbes de jacinthes, cuisiner un potiron (et s’en servir comme lanterne)… La fin du livre donne un tableau récapitulatif des semis mois par mois, pour les plantations les plus simples et les plus courantes qui sont détaillées au fil du livre (radis, salades, carottes, tomates, fraises, courgettes…)

J’avais bien envie de tenter l’aventure d’un potager dans le jardin mais je ne savais pas trop par où commencer (les livres de jardinage et de permaculture pour adultes sont terriblement indigestes et ne s’adressent jamais à des grands débutant – tous visent une production nourricière et une charge de travail effrayante). Je suis remotivée, dès que la terre sera assouplie, je m’y mets (avec la canicule et la sécheresse, le jardin est actuellement dur comme du bois !)

Et vous, quels livres vous inspirent quand il s’agit d’ouvrir les petits citadins à la nature ?

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